Austérité, mon oeil!

On entend beaucoup de commentateurs discuter de la supposée politique d’austérité du gouvernement du Québec. Françoise David, pour une, n’hésite pas à amalgamer les efforts de contrôle des dépenses du gouvernement avec les véritables politiques d’austérité ayant cours dans le monde occidental depuis la crise de 2008. Cet amalgame est grotesque.

Le Québec mène une politique expansionniste

Les politiques d’austérité sont caractérisées par une réduction, souvent très importante, des dépenses publiques. Or, dans le premier budget Marceau, les dépenses ne diminuent pas, elles augmentent!

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Non seulement les dépenses budgétaires augmentent, mais les investissements publics dans les infrastructures en 2013-14 vont atteindre le niveau gigantesque de 11 milliards de dollars.

Infras

Ce niveau d’investissement public est particulièrement élevé, tellement que le stock de capital public québécois a atteint son seuil le plus élevé des 25 dernières années, surpassant (sur une base comparable) celui du Canada et de la majorité des pays occidentaux.

Stock capital public

Des dépenses budgétaires qui augmentent et un niveau d’investissement public très élevé, c’est le contraire exact de l’austérité. On appelle ça une politique expansionniste.

La véritable austérité, ça fesse fort!

Cette année au Canada, la seule province qui pratique une politique d’austérité budgétaire, c’est l’Alberta. Le Québec figure parmi les endroits où les dépenses augmentent le plus:

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Dans les années antérieures, l’Ontario a adopté de véritables mesures d’austérité, par exemple en gelant les salaires des employés de la fonction publique pour une durée de deux ans.

Mais ce n’était rien à côté de ce qui s’est passé en Grande-Bretagne, où là, vraiment, le gouvernement a fessé fort. Les coupures de dépenses draconiennes de plus de 100 milliards d’euros (137 milliards de dollars) ont fait très mal. Les Britanniques sont connus pour leur flegme et il est plutôt inusité de les voir manifester en grand nombre comme c’est la tradition en France. Mais les mesures d’austérité du gouvernement britannique étaient tellement dures qu’elles ont fait voler en éclat le flegme légendaire des Anglais.

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La véritable austérité, ce sont les sept plans d’austérité successifs subis par les Irlandais depuis la crise. Et qui n’a pas entendu parler de la Grèce, qui doit non seulement subir des plans d’austérité sans fin, mais qui en plus est enfermée dans le système monétaire européen, sans possibilité de dévaluer sa monnaie pour atténuer le choc comme a pu le faire le Royaume-Uni.

Et que dire des Américains qui subissent depuis la crise une cure d’austérité sans précédant, les dépenses publiques (de tous les gouvernements) ayant chuté de plus de 10% du PIB depuis 2009, l’équivalent de 1 500 milliards de dollars de moins dans l’économie! Les États coupent dans les services publics, des écoles sont fermées, des villes sont carrément en faillite, Détroit étant le cas le plus connu, mais loin d’être le seul. Pendant qu’au Québec on répare nos routes et qu’on en construit même de nouvelles, aux États-Unis, certains États en ferment, faute de moyens pour les entretenir. « America Goes Dark« , pour reprendre l’expression de Paul Krugman (Mon auteur de blogue préféré)

La seule austérité subie par le Québec, c’est celle qui nous est imposée par le gouvernement fédéral de Stephen Harper. Et encore, ce n’est rien en comparaison avec ce que subissent les Irlandais, les Américains ou les Grecs:

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Les politiques d’austérité font mal, très mal aux populations qui les subissent. Parler d’austérité dans le cas du Québec, c’est leur faire injure.

10 réflexions sur “Austérité, mon oeil!

  1. Ce billet est une fraude intellectuelle totale. Désolé d’être aussi direct.

    L’année 2009 est une anomalie. C’est malhonnête de prendre cette année. Pendant la crise économique, c’est-à-dire entre 2008 et 2009, pratiquement tous les pays initiaient des plans de relances gigantesques et surtout temporaires. Une fois ces mesures expansionnistes terminées, les dépenses reviennent tranquillement au niveau habituel. C’est pour cela que les dépenses tendent vers la normalité depuis 2009. Du côté québécois, il n’y a pas eu ce genre de mesure expansionniste en 2009. C’est pour cela que le niveau des dépenses est resté relativement stable depuis 2009.

    Prenez par exemple les États-Unis : en 2007 leurs dépenses totales en fonction du PIB étaient de 36.67%. Elles sont maintenant de 39.47%. Une hausse de 7.6%. Pour la zone euro, elles étaient de 46%. Elles sont maintenant de 49.41%. Une hausse de 7.4%. Au Royaume-Uni c’est une hausse de 13.3%. En Irlande c’est une hausse de 14.2%. Au Canada c’est une hausse de 5.7%. Ces données incluent même les dépenses gouvernementales locales. Comment pouvez-vous parler d’austérité ?

    Voyez-ici :

    http://www.google.com/publicdata/explore?ds=k3s92bru78li6_&ctype=l&strail=false&bcs=d&nselm=h&met_y=ggx_ngdp&scale_y=lin&ind_y=false&rdim=country_group&idim=country_group:163:119&ifdim=country_group&tstart=1189051200000&tend=1378440000000&hl=en_US&dl=en_US&ind=false

    Et Ici :

    http://www.google.com/publicdata/explore?ds=k3s92bru78li6_&ctype=l&strail=false&bcs=d&nselm=h&met_y=ggx_ngdp&scale_y=lin&ind_y=false&rdim=country&idim=country:CA:IE:US:GB&ifdim=country&tstart=1189051200000&tend=1378440000000&hl=en_US&dl=en_US&ind=false

    Il n’y a seulement que la Suisse (-1.2%) et la Corée-du-Sud (-4.6%) qui ont subi de l’austérité dans les pays riches. Et pourtant ces pays s’en sortent très bien. En Suisse il y a eu une augmentation du PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat de 11% et en Corée de 26.8%. En comparaison, le Japon qui a eu la plus grande politique expansionniste au monde (augmentation des dépenses de 23.9%) est toujours en pleine crise et en grande difficulté.

    Autre erreur : vous comparez la croissance des dépenses en fonction du PIB depuis 2009 avec des dépenses budgétaires absolues non-compensées pour l’inflation. L’expression « comparer une pomme et une orange » est trop faible pour décrire cette faute. Vous comparez deux choses absolument et irrémédiablement différentes. Pour comparer honnêtement et de manière crédible avec les autres pays, le Québec a vu une augmentation de 2% de ses dépenses en pourcentage du PIB depuis 2007. Même si ce n’est pas de l’austérité, ça reste bien plus austère qu’aux États-Unis (7.6%), qu’au Royaume-Uni (13.3%) et qu’en Irlande (14.2%).

    Autre erreur : n’oubliez pas que le plan d’infrastructure routier du Québec n’est pas une mesure expansionniste. C’est une réponse qui perdure depuis 2006 suite à l’effondrement du viaduc de la Concorde et à la Commission Johnson. Par ailleurs, le gouvernement de Pauline Marois a même annoncé son intention de réduire les dépenses de ce plan.

    Autre erreur : les dépenses en infrastructures routières sont également en hausse aux États-Unis. Lisez le dernier rapport de l’état du système routier américain et vous verrez : 20th Annual Highway Report on the Performance of State Highway Systems. Le système routier américain s’améliore constamment depuis des décennies.

    Autre erreur : la ville de Détroit est tombée en faillite par sa dette et des dépenses colossales. Ce n’est pas davantage de dépenses qui auraient sauvé cette ville. Les dépenses de cette ville augmentaient déjà d’année en année. Les impôts de Détroit sont aussi déjà les plus élevés de l’état. C’est une faillite structurelle causée par de la mauvaise gestion et surtout par de l’inflexibilité causée par les syndicats tant du côté du secteur privé que du secteur public. Cette faillite était annoncée et prévisible depuis le milieu des années 2000.

  2. Je vous lis et je vous regarde débattre.
    Je me dis qu’on est foutu.
    Vous avez tous deux l’air d’être des personnes intelligentes(plus que moi en tout cas) et vous faîte parler les chiffres à votre avantages. Comment allons-nous régler notre problème de société majeure si on ne s’entends même pas sur ce fait indéniable.
    Comment allons-nous régler notre problème de société majeure qui sont les dépenses gigantesques de notre état qui by the way gaspille notre argent de façon grotesque, du vol en plein jour et personne ne manifeste.
    On est endetté comme ça se peut pas. Vielle population, population stagnante, départ des cerveaux vers d’autres cieux, imposé et taxé à mort et ça augmente !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! On est foutu
    C’est triste mais j’ai deux beaux garçon de 4 et 6 ans et on va devoir partir de force, je ne peux pas laisser cette province comme héritage à mes enfants. Départ prévu 2015 pour devinez où. Je le dois à mes enfants !

    • Je crois qu’il faut simplement arrêter de couper pour couper. Il faut faire des réformes structurelles et surtout revoir le rôle du gouvernement. Couper comme le fait le gouvernement Harper, ce n’est pas efficace et de toute façon ce n’est même pas des vraies coupures. Au Québec c’est la même chose. On coupe dans les commissions scolaires sans faire de réforme. On coupe dans le bien-être social. On augmente les taxes et la tarification. On ignore le vrai problème. On manque de vision et probablement de courage. C’est sensiblement le même problème partout dans le monde. L’état-providence s’essouffle et il est en crise.

  3. Moi la question que je pose au manipulateurs de chiffres est celle-ci : Si le gouvernement ne stimule pas l’économie en créant des jobs et en subventionnant a gauche et a droite, qui vas le faire? Nous avons rien au Quebec comme générateur d’emploi a part les jobs a 10$/heure. Si on mets les fonfons a la retraite, cesse de subventionner les artistes, cesse de créer de faux emplois avec les éoliennes, y vas se passer quoi? Vous me ferez pas croire que l’économie se portera mieux? Alors on fait quoi?

    • Je vois que vous avez succombé au mythe que c’est le gouvernement qui crée la richesse et les emplois. C’est faux. Le gouvernement ne crée rien. Tout ce qu’il dépense provient des poches de quelqu’un d’autre. La richesse est créée par le secteur privé, pas le gouvernement. Le Québec dépense 3 fois plus que l’Ontario en subventions aux entreprises, mais, mise à part les maritimes, nous sommes la province où l’entrepreneuriat et la création d’emploi sont les plus faibles. Si d’avoir l’état « stimuler » l’économie fonctionnait, on le saurait.

      • Ok, mais qui vas la stimuler la foutue économie? On a pas de siège sociaux, pas de riches, pas beaucoup de grandes entreprises avec des emplois payants. C’est quand même pas avec Target que le Quebec vas s’enrichir! On a rien criss a part des monopoles étatique comme HQ, SAQ, etc… Et non l’exploitation de nos richesses naturelles ne réglera pas tout.

    • Il suffit de regarder la formule du produit intérieur brut :

      Richesse totale = Gouvernement + Investissements + Consommation + Exportations – Importations

      C’est donc légitime de croire que l’augmentation des dépenses gouvernementales fait augmenter la richesse totale. Si le gouvernement dépense 1000$, selon la formule du PIB, il fera augmenter la richesse totale de 1000$. Ce n’est toutefois pas aussi simple. Le gouvernement dépense généralement ce qu’il taxe. De ce fait, quand le gouvernement dépense 1000$, c’est qu’il a pris 1000$ de vos poches. C’est donc 1000$ que vous ne consommerez pas et que vous n’investirez pas. Si le gouvernement n’avait pas taxé votre 1000$, vous l’auriez dépensé en consommation ou vous l’auriez investi. La richesse totale aurait augmentée autant. C’est ce qu’on appelle en économie le « un sophisme économique ». C’est pour cela que nous disons que le gouvernement ne créé pas de richesse. Ce qu’il dépense provient de nos poches.

      Le Québec subventionne d’ailleurs beaucoup plus les entreprises et les corporations qu’ailleurs et surtout il dépense beaucoup plus qu’ailleurs. Pourtant le Québec est l’une des juridictions les plus pauvres du continent. C’est aussi l’une des juridictions avec le plus haut niveau de chômage récurrent. Les résultats ont rarement une seule cause, mais cette simple observation brise minimalement un mythe.

      Ce qu’il faut retenir c’est que plus le gouvernement taxe, moins la juridiction est compétitive. Plus le gouvernement impose des barrières réglementaires et administratives, moins la juridiction est compétitive et productive. Ça signifie que la richesse ira ailleurs. Ça signifie moins d’emplois. Plus de pauvreté.

      Bon c’est plus compliqué et mon explication est limitée au strict minimum. Mais ça répond à votre question.

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