L’indécence de M. Couillard

Il y a 15 ans de cela, alors que j’étais un jeune conseiller politique impétueux, j’avais écris des notes de discours dans lesquelles je faisais parler René Lévesque, je ne sais plus trop à quel sujet. Mon patron, Gilles Duceppe, avait refusé net. Il était hors de question, m’a-t-il dit, d’instrumentaliser la mémoire de René Lévesque pour marquer un point politique contre un adversaire. Il avait raison et j’ai retrouvé cette même pudeur chez bien des leaders souverainistes par la suite.

Vous comprendrez que lorsque j’ai lu que Philippe Couillard avait eu l’indécence d’affirmer que Pauline Marois et le Parti Québécois avait trahi sa mémoire, j’ai été choqué.

Quel incroyable manque de scrupule de la part de Philippe Couillard. Comment peut-il, lui, accuser la première ministre d’avoir trahi René Lévesque ? Comment peut-il décemment se réclamer d’une citation de René Lévesque et la détourner à ses fins, pour accuser ses adversaires des pires mots ?

Le chef libéral est-il si ignorant de l’histoire de son propre parti ? Lorsque le gouvernement Lévesque a adopté la loi 101, ses prédécesseurs libéraux la démonisaient – comme il le fait lui-même aujourd’hui – qualifiant la Charte de la langue de projet « totalitaire », une référence aux régimes nazis et stalinien. Comme aujourd’hui, l’establishment canadien nous lançait les pires insultes, en nous accusant de violer les droits des minorités. Et comme hier, au lieu de condamner ces attaques méprisantes envers le Québec, les libéraux et leur chef, Philippe Couillard, laissent faire et en rajoutent.

Jamais René Lévesque n’a accepté un tel mépris sans réagir.

Comment Philippe Couillard ose-t-il donner des leçons aux autres, lui qui n’a pas hésité à s’associer au gouvernement de l’Arabie Saoudite comme conseiller,[1] sans jamais qu’on l’entende, ne serait-ce qu’une fois, dénoncer ce régime obscurantiste, un des pires qui soit en matière de liberté individuelle et du droit des femmes.

Jamais René Lévesque n’aurait montré une telle complaisance, même pour les sommes d’argent considérables que sont prêts à verser les princes saoudiens.

Comment le chef libéral peut-il donner des leçons de morale à qui que ce soit, lui qui s’est négocié un poste dans une entreprise privée de la santé, alors qu’il était toujours ministre de la santé.

Jamais René Lévesque n’a agi ainsi, il va sans dire.

Comment Philippe Couillard peut-il s’ériger en grand sage quand on se souvient de l’épisode des élections à date fixe dont, selon lui, la date devait être fixée en fonction du calendrier religieux, même si la communauté dont il était question ne voulait même pas d’un tel accommodement.

Jamais René Lévesque n’aurait jamais agi ainsi.

Jamais.


[1] Non, je ne parle pas du fait que M. Couillard ait pratiqué la médecine en Arabie Saoudite à l’époque. Je parle de son rôle de conseiller du prince Abdullah bin Abdulaziz Al-Rabeeah, ministre du gouvernement saoudien.

3 réflexions sur “L’indécence de M. Couillard

  1. uff..quel indecence de Mr. Couillard ,DE DIRE TEL CONERIE mais qiesque vous-voulez de un chef qui osse meme pas de se faire elir a cause qui il a peur de se faire battre parler de M Levesque il faut en avoir une moral intachable que cet indecent en a meme pas.

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