Salir le Québec à l’étranger

« Ils se disent inquiets de la réputation du Québec à l’étranger, mais ils sont les premiers à la salir. Partout, ils colportent cette idée: quelque chose de très grave se passerait au Québec en ce moment. »

Matthieu Bock-Côté, dans sa chronique du  13 septembre

Je ne le redirai jamais assez: il y a des raisons légitimes d’appuyer la charte des valeurs ou de s’y opposer et entre l’appui ou l’opposition complète, il y a tout un monde de nuances.

Cela posé, comme je l’écrivais dans un billet précédent, 90 % du projet fait déjà l’objet d’un très large consensus. La plupart des opposants se disent même d’accord avec l’interdiction des signes religieux pour les figures d’autorité de l’État, y compris Québec solidaire.

La CAQ de François Legault est d’accord avec l’ensemble des principes, y compris l’interdiction des signes religieux à l’école, mais elle s’arrêterait là.

Dans ce débat, les libéraux de Philippe Couillard sont les plus radicaux, refusant toute interdiction du port de signes religieux, même pour les figures d’autorité comme les juges ou les policiers.

Je cite Philippe Couillard:

«Sur la question des signes religieux, il n’y a pas de place au compromis. On va tout faire pour que ca n’arrive pas.»

Quand le chef libéral affirme qu’il fera tout pour que ça n’arrive pas, il semble qu’il soit prêt à toutes les compromissions.

Comment en effet peut-il prétendre devenir le premier ministre de tous les Québécois et du même coup, laisser ses alliés politiques salir le Québec au Canada et dans le monde sans même appeler à la modération des propos? Comment M. Couillard peut-il laisser dire que le Québec est comme le régime nazi, qu’il est xénophobe ou semblable au régime ségrégationniste du sud des États-Unis des années 50, comme l’a fait Justin Trudeau.

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David Ouellette, un porte-parole du Centre consultatif des relations juives et israéliennes, a pris la peine d’écrire pour défendre la réputation du Québec dans le National Post. C’est bien la preuve que l’on peut être contre la Charte et défendre la réputation du Québec en même temps. Pourtant, pas un mot de Philippe Couillard pour défendre la réputation du Québec.

Au contraire, le chef libéral en rajoute en prévenant les Québécois que nous ne devons pas débattre de cette question, parce que notre réputation pourrait en souffrir. Argument de peur par excellence. À l’époque de l’adoption de la loi 101, les prédécesseurs libéraux de M. Couillard ne disait pas autre chose. Aurait-il fallu renoncer à adopter la loi 101 (une grande loi, selon le chef libéral) sous prétexte que la réputation du Québec à l’étranger allait en souffrir? Poser la question…

Le pire, cependant, comme je l’ai écrit ici, c’est quand celui qui se dit inquiet de la réputation du Québec à l’étranger est aussi un de ceux qui contribuent, ne serait-ce que passivement, à la salir.

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